Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie (IDAHOBIT), nous réfléchissons à notre héritage parmis les militant·e·s qui œuvrent « au cœur de la démocratie » (le thème de l’IDAHOBIT 2026) pour lutter contre l’intolérance qui a alimenté — et continuent d’alimenter — l’épidémie de VIH.
Au tout début de l’épidémie, dont le premier cas a été officiellement signalé il y a 45 ans le mois prochain, ce que nous appelons aujourd’hui le VIH et le sida était alors qualifié de « déficience immunitaire liée à l’homosexualité » en raison de l’orientation sexuelle des personnes qui avaient contracté le virus. Au cours des années suivantes, au lieu d’agir immédiatement pour mettre fin à la transmission et mettre au point des traitements contre ce virus mortel, les gouvernements sont restés les bras croisés. Des politiques fondées sur l’homophobie, la « whorephobie » et le racisme, parallèlement à la soi-disant « guerre contre la drogue », ont permis au sida de coûter la vie à des milliers d’hommes gays, de personnes issues de minorités ethniques, de personnes consommant des drogues et de travailleurs du sexe, parmi tant d’autres.
Il a fallu une mobilisation massive de la communauté dans les années 1980 pour pousser les gouvernements à investir dans la recherche médicale et dans les services de soutien communautaires destinés aux personnes vivant avec le VIH ou le sida. Ces investissements ont non seulement donné naissance au modèle novateur des organisations communautaires de lutte contre le sida, présent partout au Canada et aux États-Unis, mais ils ont également permis le développement des traitements antirétroviraux, mis à disposition pour la première fois en 1995. Au cours des 30 années qui ont suivi, les experts en VIH ont découvert que les antirétroviraux ne se contentaient pas de ralentir la progression du VIH, mais qu’ils pouvaient également réduire la charge virale à des niveaux indétectables et éliminer tout risque de transmission.
Nous aurions dû être en mesure d’éradiquer complètement la transmission du VIH dans le monde d’ici 2026. Mais des obstacles structurels, notamment ceux reflété dans la legislation et les politiques, persistent, parmi lesquels la criminalisation, le sous-financement, la stigmatisation, le racisme et les séquelles persistantes du colonialisme.
Au Canada, la criminalisation de la non-divulgation du statut sérologique — qui peut conduire des personnes vivant avec le VIH à être accusées d’agression sexuelle grave pour avoir prétendument omis de révéler leur statut sérologique à un partenaire sexuel, même lorsqu’il n’y a aucune possibilité de transmission du VIH et qu’aucune transmission n’a effectivement eu lieu — continue de persécuter de manière disproportionnée les membres des communautés 2SLGBTQIA+, Noires et Autochtones, entre autres. Malgré les promesses répétées du gouvernement du Canada de réformer ces lois, celles-ci sont toujours en vigueur. Avec l’arrivée du premier gouvernement fédéral majoritaire depuis 2019, nous disposons désormais d’une occasion cruciale de nous attaquer à ces lois punitives et non fondées scientifiquement qui mettent le Canada en contradiction avec ses obligations en matière de droits de la personne, et nous ferons pression sur les décideurs politiques jusqu’à ce que la loi reflète à la fois les valeurs des droits de la personne et le consensus scientifique.
Nous sommes prêts à saisir cette occasion pour aller encore plus loin au cœur de la démocratie, mais nous ne pouvons y parvenir sans vous. Les valeurs que nous partageons avec nos généreux(-ses) donateur(-trice)s sont fondamentales à notre travail. Elles nous guideront face aux défis posés par les coupes budgétaires, l’opportunisme politique et le recul des droits humains. À l’occasion de l’IDAHOBIT, nous avons choisi ce jour-là pour lancer notre campagne #45for45.
En ce moment, toute personne qui fait un don, quel qu’en soit le montant, au Réseau juridique VIH verra son don doublé. Pour marquer le 45e anniversaire de cette pandémie et en garder le souvenir, les personnes qui feront un don de 45 $ verront non seulement leur don doublé, mais aussi porté à 100 $. Vous envisagez de devenir donateur mensuel ? Votre don sera doublé chaque mois.
À l’occasion de cette Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, pensez à vous joindre à la lutte pour les droits humains et la dignité de tous en faisant un don au Réseau juridique VIH. Nous ne pouvons y parvenir sans vous, et le temps presse.
En solidarité,
Le Réseau juridique VIH